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EXPOSITION

09 NOV - 10 FÉV 2019
49 NORD 6 EST - FRAC LORRAINE - METZ (57)

Fabriques de contre-savoirs

Vernissage : Jeudi 08 Nov à 19h

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Latham4 Jay Chung Alex Martinis Roe
 

Book Plumbing, April 1967, John Latham with Jeffrey Sawmill and Jeffrey Shaw, at Better Books, Londres, Photo: Jennifer Pike. © The John Latham Foundation

Exposition de groupe autour d’œuvres et projets de John Latham
Avec Jay Chung & Q Takeki Maeda, ground (Marlie Mul & Harry Burke), Sheila Levrant de Bretteville, Alex Martinis Roe et Eva Weinmayr
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Le 49 Nord 6 Est explore dans cette exposition collective des processus non-systématiques de dissémination de l’information, des modalités alternatives de partage des savoirs. En écho à la démarche de l’artiste conceptuel britannique John Latham (1921–2006), les pratiques d’artistes d’horizons et de générations différentes explorent les processus de diffusion de la connaissance et leurs enjeux tout en explorant des pistes alternatives. Dans une époque où la différence entre opinion et savoir s’amenuise, où les liens entre matérialité et savoir traversent de profondes transformations, ce projet rassemble des approches qui détournent des processus de transmission de l’information pour repenser les expériences qu’ils invoquent.

Les œuvres interrogent les rapports humains que la transmission de connaissances construit, mais aussi les structures de pouvoir qu’elle légitimise et les hiérarchies qu’elle active. Les artistes s’approprient les formes qu’elle produit — livres, journaux, photocopieur, poster, fax, entre autres — pour mettre en évidence ou activer des processus qui cherchent à dépasser la division classique entre savoir et expérience, entre enseignement et pratique. Les œuvres soulignent l’impossibilité d’une transmission objective et incitent à la production d’outils de partage critiques face aux normes du savoir.

Le duo Jay Chung & Q Takeki Maeda et l’artiste Eva Weinmayr jouent sur l’ambiguïté entre œuvre et document, mettant en évidence la manière dont la circulation même des images peut produire une histoire. De leur côté, la graphiste Sheila Levrant de Bretteville et l’artiste Alex Martinis Roe rendent visible l’hétérogénéité des expériences rassemblées dans leurs projets et donnent forme à des processus de transmission construits autour d’une pluralité de voix. Autour de ground (Marlie Mul & Harry Burke) des étudiants de l’Ecole Supérieure d’Art de Lorraine débattent du fonctionnement de l’éducation artistique, discussion transformée en poster pour l’exposition. De nombreux documents issus des archives de John Latham sont présentés à cette occasion et constituent une trame reliant le travail de ces artistes.

De l’Ecosse à Londres, en passant par Tokyo, Vincennes et Longwy, Fabriques de contre-savoirs relie information et savoir, expose les méandres des chemins où ils se croisent au fil du temps, et les rencontres inattendues que l’on peut y faire.

 

Qui est John Latham

John Latham est né à Livingstone, en Rhodésie du Nord (aujourd’hui Maramba, en Zambie) en 1921, décédé en 2006 à Londres.

Considéré par certains comme un mystificateur, regardé par d’autres comme un génie, John Latham met en place, tout au long de sa vie, un ensemble de théories et de pratiques qui piétine joyeusement notre approche binaire du monde. N’hésitant pas à pratiquer l’auto-contradiction et les associations d’idées à priori incongrues, tout au moins inattendues, il travaille en passant outre les catégories classiques de l’art. Visionnaire dans la cartographie des systèmes de connaissance, qu’ils soient scientifiques ou religieux, il a entre autre développé sa propre conception du temps, connue sous le nom de « Event Structure ». Pour Latham, toutes les oeuvres d’art sont considérées comme des événements et activées en tant que tels à travers divers processus allant de la pulvérisation, de la mastication, du déchiquetage ou du crachat à la simple déclaration. Son premier « skoob » fut réalisé en 1966, alors que Latham enseignait à St-Martins School of Art de Londres. Il a emprunté à la bibliothèque de l’école un exemplaire de l’opus d’histoire de l’art « Art and Culture » de Clement Greenberg, récemment publié, et a invité ses étudiants à le mâcher puis à le cracher dans une fiole lors d’une performance intitulée « Spit and Chew ». Les pages ont ensuite subi un processus chimique de transformation pendant un an avant d’être rendues à l’école sous forme liquide qualifiée d’« Essence de Greenberg ». L’oeuvre qui en a résulté appartient maintenant au Museum of Modern Art de New York.

Que ce soit dans ses premières peintures par pulvérisation, dans ses « One-Second Drawings », ou encore avec les «skoobs» dans les années 1960, les peintures sur rouleau des années 1970 et les tours de verre incorporant des fragments de théorèmes, John Latham a indéfectiblement exploré des idées cosmologiques complexes et remis en question les structures traditionnelles de l’art, de la science et de la philosophie.

En 2003, l’artiste a déclaré que sa maison et son studio étaient des sculptures vivantes, appelées Flat Time House d’après sa théorie du temps « Flat Time ». Jusqu’à sa mort, Latham a ouvert sa porte à toute personne intéressée par l’art. C’est dans cet esprit que Flat Time House a ouvert ses portes en 2008 en tant que galerie avec un programme d’expositions et d’événements explorant la pratique de l’artiste, ses idées théoriques et leurs pertinences. Il fournit également un centre d’apprentissage alternatif, qui comprend les archives de John Latham et un espace de résidence pour artistes.

Récemment, son travail a été présenté à la Biennale de Venise en 2017 et a fait l’objet d’une exposition intitulée « Une vision du monde: John Latham » à la Serpentine Galleries, Londres, Royaume-Uni, la même année.

EXPOSITIONS SOLO (SÉLECTION) :
– 2016 Musée Moore Moore, Leeds (GB)
– 2014 Triennale di Milano, Milan (IT)
– 2010 Whitechapel Art Gallery, Londres (GB)
– 2006 P.S.1. Centre d’art contemporain, New York (US)
– 2005 Tate Britain, Londres (GB)
– 1991 Staatsgalerie, Stuttgart (DE)
– 1984 Société des Expositions du Palais des Beaux-Arts, Bruxelles (BE)
– 1975 Städtische Kunsthalle, Düsseldorf (DE)

Son travail a été montré dans de nombreuses expositions de groupe, notamment la documenta 6, Kassel, Allemagne (1977) et lors de l’édition 2005 de la Biennale de Venise.

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 NEWS
 

Exposition / 09 Nov 2018 – 10 Fév 2019, au Frac, gratuit /Fabriques de contre-savoirs

 

Week-end des Frac #3 / Samedi 17 Nov à 18h au Frac, Metz / Rencontre apéro avec Stéphanie Nicot autour de l’œuvre de Dora Garcia “Il y a un trou dans le réel”

 

Week-end des Frac #3 / Samedi 17 Nov & Dimanche 18 Nov au Frac, Metz / Visites guidées à 11h et 17h & atelier cadeaux à 16h

 

Table ronde & Projection / Jeudi 22 Nov de 16h à 20h, gratuit, Université de Lorraine, Metz / Apprendre autrement Rendez-vous dès 16h pour 2 temps forts : une table ronde sur les pédagogies alternatives et une projection à 18h30 du film “Vincennes, l’université perdue” de V. Linhart

 

La collection en région / Jusqu’au 16 nov, Région Grand Est / Trésors communs Une expo itinérante pour le Musée Mobile-MuMo2 imaginée par les 3 Frac du Grand Est