Œuvres permanentes
Au fil des ans, des espaces insolites du Frac Lorraine comme les cages d’escalier, les jardins, ou encore les murs des salles d’exposition ont fait l’objet de commandes à des artistes dans le cadre d’une exposition ou d’une acquisition.
La présence des œuvres ainsi conçues pour les espaces du 49 Nord 6 Est a été pérennisée au-delà de leur exposition, parfois par leur entrée dans la collection.
Au rez-de-chaussée, la salle pavée propose différentes assises, à la fois œuvres à part entière et mobilier à utiliser, pour partager un moment de convivialité et consulter la documentation.
Ces œuvres sont toujours visibles, à découvrir lors de votre visite.

Photo Fred Dott
Michael Kleine, Kabinett, 2024
Salle du foyer, rez-de-chaussée
En 2022, Michael Kleine est invité à repenser les usages et circulations du rez-de-chaussée du Frac. En 2024, année anniversaire de l’installation du Frac Lorraine dans les murs de l’hôtel Saint-Livier, l’espace Kabinett est inauguré.
Mise en scène, performance, scénographie, musique, sculpture… Michael Kleine (*1981) combine ces différentes approches dans sa pratique pour comprendre et transformer radicalement le lieu dans lequel il opère. Dans un dialogue étroit entre l’architecture, son histoire, les visiteur.euses et les œuvres, l’artiste développe des projets qui mettent à l’épreuve notre perception spatio-temporelle et, par rebond, la vision archétypale que l’on se fait d’un lieu d’exposition.
En écho à un processus de questionnement et de transformation du Frac, Michael Kleine a restructuré l’espace d’accueil en révélant diverses strates temporelles du bâtiment, interrogeant ainsi les codes de l’institution.

Photo Solène Mangin
Céline Condorelli, Spatial Composition 14, 2023
Salle pavée, rez-de-chaussée
Tout au long de sa pratique artistique, Céline Condorelli (*1974) a produit des structures de soutien prenant la forme de sièges, destinés à être utilisés dans les espaces d’expositions. Elles interrogent la séparation entre objet utile et œuvre d’art. Pour un projet à l’Albertinum de Dresde, l’artiste avait réalisé une rangée de chaises longues jointes. En alternant l’orientation des assises, elle s’inspirait des assises historiquement installées dans les musées et dont la fonction était de permettre des conversations dans le musée.
Spatial Composition 14 prend place dans la salle pavée, désormais destinée à la détente, à la documentation sur les œuvres de la collection et les expositions en cours.

Photo Fred Dott
Benoît Piéron, Fauteuil (Grandmother’s Puzzle) et Fauteuil (Crazy Quilt), 2022
Salle du foyer, rez-de-chaussée
Benoît Piéron (*1983) passe une grande partie de son enfance à l’hôpital. Il prend ainsi conscience de la dimension politique de son corps et explorera un lien intime entre son travail artistique et la survivance. L’artiste cherche à produire des expressions alternatives de la maladie où celle-ci serait vue comme un potentiel.
Deux fauteuils issus de la série Bridge sont à disposition des publics au Frac. Réalisés en 2022, ces objets sont tapissés par l’artiste de patchwork de draps réformés des hôpitaux. Benoît Piéron crée ainsi une « héraldique des alités ».


Liliana Motta, Bad Plants, 2010
Jardin, rez-de-chaussée
En 2010, Liliana Motta (*1959) est invitée à repenser le jardin du Frac Lorraine.
Artiste-botaniste brésilienne, elle réalise des interventions discrètes qui visent à faire évoluer notre relation au vivant, au paysage, en un mot au « dehors ».
Avec Bad Plants, l’artiste met en lumière les plantes hors normes. Elle s’engage pour la réhabilitation des plantes « étrangères » qu’elles soient curatives, invasives ou « mauvaises herbes ». Les plantes présentes dans ce jardin, qu’elles soient nomades, toxiques ou médicinales, sont capables de voyager et de s’adapter à tout nouveau milieu.

Photo Jolan Dwek
Cinzia Ruggeri, Una sola moltitudine, 2008
Salle pavée, rez-de-chaussée
Artiste et designer, Cinzia Ruggeri (1942–2019) évolue depuis les années soixante tel un caméléon entre les frontières de la mode, du design, de la sculpture, de l’installation et de l’architecture. Sa vie et sa pratique ont été guidées par le désir de redéfinir le statut formel et fonctionnel des éléments de la vie quotidienne, de l’habillement aux accessoires, de l’ameublement à l’éclairage.
En redéfinissant l’usage du fauteuil, l’artiste assemble une série de coussins à placer selon l’humeur, en rehaussant la hauteur d’assise, en changeant leur ordre ou bien en invitant plusieurs personnes à déposer les coussins au sol pour s’y installer.
Le Frac Lorraine acquiert en 2022 le premier fauteuil prototype de cette série.

Photo Fred Dott
Isabelle Krieg, Découvrir le monde, 2006
Cour avant, escalier de la tour
Isabelle Krieg (*1971) figure parmi les invité.e.s de l’exposition « Antipodes » du 27 mai au 20 aout 2006. L’exposition présente 7 photographies constituant l’ensemble Découvrir le monde. Sur ces tirages, les contours du monde ont été tracés de manière discrète sur divers supports : sol décrépi, affiche lacérée sur un mur, rebord de fenêtre.
À ces photographies de mappemonde à différentes échelles et supports, l’artiste décide de répondre en intervenant aussi directement sur le bâtiment du Frac Lorraine. Sortes d’apparition, ces 8 cartes, objets d’enjeux géopolitiques et fruits des conventions occidentales, deviennent ici vulnérables, menacées à tout moment de disparition.
Depuis leur création, 4 des mappemondes ont complètement disparu sous le travail du temps et des intempéries. A moitié effacées, le public du Frac Lorraine est donc invité à chercher et découvrir les 4 œuvres encore visibles.

Intervention sur l’architecture et l’environnement
Dora Garcia, Forever, 2004
Grande salle, 1er étage
En 2004, le 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine consacre une exposition à l’artiste espagnole Dora Garcia (*1965). Elle conçoit in situ une installation consistant à la diffusion en direct à l’aide d’une caméra de l’activité d’une des salles d’exposition. Son travail témoigne d’une volonté de détourner des outils modernes convoquant la surveillance et l’enregistrement, pour déjouer le rapport entre l’œuvre et son public.
Avec Forever, l’institution est filmée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le public a accès à la vie de cet espace par un journal de bord en ligne (site internet de l’artiste). Ici c’est l’institution qui devient le thème de l’œuvre, inversant ainsi les rapports de forces et de pouvoir. Cette pièce soulève la question du temps : que signifie le terme « Forever » (à jamais) ? Contre-balance-t-il un changement de direction à la tête de l’institution, à la disparition de l’artiste ?
Le journal de bord est également disponible au Frac sous forme d’un livre (5 compilations entre 2004 et 2012).

Installation protocolaire, webcam, site internet